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du 5 au 17 novembre

théâtre
«in situ» • Le Collectif Les Immergés

Ce collectif en résidence à la MJC composé de jeunes diplômés de l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Techniques du Théâtre de Lyon), viendra travailler sur une proposition théâtrale interactive, à travers une création / installation au Pôle 9.

Peut-on entrer dans un spectacle par nos sens ? La réalité théâtrale se vit-elle plus intensément lorsque le spectateur y trouve son propre chemin, évolue dans un espace (physique, poétique, sonore, narratif) conçu pour qu’il se l’approprie ? Avant toute chose, c’est une intuition qui nous a réunis : celle qu’un spectateur de théâtre est d’abord un spectateur du monde, actif et conscient de ce qui l’entoure, confronté en premier lieu à ses propres sensations.
Immerger le spectateur, le confronter à lui-même et aux autres, ne signifie pas vider l’espace dramaturgique de sens au profit d’une recherche de « sensationnel », mais au contraire aborder des problématiques de fond en partant de matières sensibles. Retrouver l’adéquation entre corps et pensée, questionner la place du spectateur dans un dispositif qui agit comme une mise en abyme d’un monde où ce qui nous guide est le rapport de soi aux autres, de l’individu au groupe, de l’intime au collectif : pour chaque sujet abordé, la sensation est un moyen, une lunette par laquelle voir et transcrire cette mise en scène des rapports humains dans un dispositif qui ne donne pas seulement « à voir » mais « donne à vivre »...

 

La question déambulatoire, avec ses marches et ses temps d’arrêt, est donc au coeur de notre réflexion, car elle interroge la place du spectateur actif non pas « devant » mais « dedans ». Quelle attention pour un corps qui bouge en même temps qu’il reçoit ? Un mélange de mathématiques et d’aléatoire se forme alors dans le parcours, modifié par la réaction du spectateur qui n’est jamais un cobaye mais un acteur à part entière de ce qui lui est donné à vivre.


Avec ce parti-pris, la création in situ devient le moteur de notre réflexion, et chaque lieu amène un nouveau labyrinthe : si chaque architecture possède sa propre géographie, elle mène à une construction particulière du récit et à une perception unique. A nous alors de chercher à creuser l’intimité de chaque espace, que le spectateur arpentera de son oeil subjectif.
Ainsi, nous tenons à mettre en commun nos disciplines, nos richesses et nos individualités, pour construire des formes qui iront cotoyer l’installation, le dispositif sonore ou visuel, sans jamais pour autant oublier le spectacle vivant, la fiction, le théâtre. Nous tenons à faire dialoguer nos champs d’actions (jeu, texte, son, musique, lumière, espace, corps) afin de faire naître ensemble, en écho à une possible narration, une dramaturgie de la sensation.


Mais pourquoi, aujourd’hui, questionner le rapport de l’individu à ses sens ?
Peut-être pour retrouver, dans le flot virtuel qui inonde nos villes contemporaines, un lien physique avec les choses ; être un instant là, ici et maintenant. Manifester notre volonté, comme un acte politique, de se remettre au présent, et d’investir nos statuts d’artistes, nous, nouvelle génération, pour comprendre ce lien qui nous unit au monde. Penser un théâtre de l’immersion, qui n’est pas un objet de consommation culturelle mais une vague qui nous emporte et laisse une trace dans notre paysage personnel. Et faire théâtre de ce que nous sommes, d’abord, construire une dramaturgie du subjectif qui ne dirige pas la pensée mais tente de la mettre en mouvement.